Notre dernière intervention lors du dernier conseil de la C.A.V.B.

Intervention de Jean-François Harel lundi 14 décembre 2015 au soir à la fin du dernier conseil de la Communauté d'Agglomération du Val-de-Bièvre qui va disparaître en intégrant le nouveau territoire T12 au 1e janvier 2016 avec 23 autres communes du Val-de-Marne et de l'Essonne.

 

Mes cher(e)s Collègues,

 

Je m’adresse à vous ce soir en tant que président du groupe d’opposition durant le précédent mandat.

Comme un certain nombre d’entre vous, c’est avec beaucoup d’émotion que nous vivons ces derniers instants de notre communauté d’agglomération du Val-de-Bièvre.

 

Je voudrai d’abord remercier tous les employés de la CAVB, surtout ce que l’on appelle « les soutiers, les petites mains », ce sont eux qui ont porté à bout de bras, avec patience et sourire, le quotidien de cette structure et qui vont maintenant devoir le faire dans de nouvelles conditions à découvrir et à mettre en œuvre. Je leur souhaite bon courage.

 

Je voudrai remercier les cadres qui passent leur temps à informer, assister et protéger nos chers élus dans la conduite « des affaires ».

 

Enfin, merci pour nos échanges avec mes collègues élus, de tous bords politique, avec qui, pour certains, mais exclusivement en aparté bien sûr, nous partageons beaucoup de points de vue, tant sur le fonctionnement de la CAVB que de ses améliorations mais surtout sur l’ineptie globale de notre système de société. J’y reviendrai.

 

Comme Claudine Cordillot vient de le rappeler, je dois souligner que sous sa présidence le conseil de la CAVB a accueilli des élus des minorités de chaque commune dès 2004.

 

Cependant, si les communautés d’agglomération ont été créée pour mutualiser une partie des dépenses, des investissements et la mutualisation de certaines structures municipales dans les domaines confiés aux agglomérations afin d’optimiser la dépense publique, après 15 années d’existence, nous constatons que cela coute 15% de plus aux contribuables. Et je suis inquiet de l’impact probable des 12 territoires de l’Ile-de-France et de la Métropole du Grand Paris car ceux qui décident ne sont pas ceux qui payent. Au passage, je vous préciserai que sur 100 PME-PMI qui déposent leur bilan c’est dû pour 34 d’entre-elles à des retards bien trop long de règlement des collectivités territoriales.

 

Pour ma part, et pour ne souligner que les faits les plus marquants, j’ai découvert qu’une réunion de copropriétaires organisée avec légèreté avait couté, pour rester évasif, beaucoup d’argent en dépassement de budget à notre collectivité, en plus du retard du chantier de + 6 mois.

 

J’ai découvert qu’à la CAVB on pouvait accepter sans broncher une réponse à un cahier des charges gros comme une ramette de papier pour une ZAC de 95h à aménager pendant 15 ans pour 250 M€, en seulement 5 semaines et 2 jours sans que quiconque ne s’en étonne, et ceci sans évoquer les nombreux « détails » et « loupés » administratifs qui ne sont que de « regrettables manques de vigilances » et qui sont donc resté sans suite.

 

J’ai découvert que si l’amortissement d’une benne à ordure se faisait sur 15 ans, à la CAVB il a été considéré que 7 années suffisaient bien.

 

J’y ai découvert que l’avis d’un membre de la commission d’appel d’offre n’avait aucune validité et encore moins d’intérêt, voir qualifié de fortement suspicieux s’il faisait partie de la minorité. C’est comme ça que j’ai vu un marché voté avec 2 voix pour, 2 autres élus de la majorité se sont abstenus et un contre, le mien. Tout ça pour accepter des tarifs de prestations bien supérieur au minimum négociable par toute personne juste informée. Je fais allusion au point n°40 traité ce soir.

 

Peut-être qu’avec 24 communes au T12 ce sera plus compliquer d’ignorer ceux qui travaillent leurs dossiers pour l’intérêt général.

 

Enfin, je constate avec beaucoup de regrets que si, effectivement, il y a de nombreuses personnes dites de bonnes volontés, sincères et qui travaillent, que ce soit dans l’administration que parmi les élus, les résultats des élections régionales d’hier, comme à chaque élections depuis plus de 20 ans, font la démonstration, consolidée par une abstention devenue légitime, que notre élite ne sait plus du tout où elle va, à part tout faire, y compris n’importe quoi, pour garder ses mandats, mais le plus grave c’est surtout à n’importe quel prix.

 

Or être complice, par ignorance ou malveillance, c’est pareil, sinon d’être bientôt coupable, d’avoir remplacé le travail par la dette, une dette mondiale qui augmente de 7 milliards d’€ par jour sans jamais se demander « mais qui va payer ? » alors que le chômage augmente sans cesse partout. De nous promettre de courir après la fée croissance qui n’est que de la dépense et faire croire à la création de richesse alors que la richesse n’est qu’une question de regard entre deux personnes à un instant donné à un endroit donné, c’est emmener tous ceux qui font confiance aux élus dans un gouffre dont le bord se rapproche chaque jour un peu plus. Plaire ou conduire ? C’est la question fondamentale des candidats aux responsabilités politiques. Or nous constatons qu’ils ne sont que dans le plaire avec des programmes qui débordent de promesses à n’en plus finir, et qui sont de plus en plus dans le « votez pour moi car l’autre est pire ! ».

 

(Interruption du Président qui ne supportait plus d’entendre ces vérités et je n'ai pas exprimé la suite)

 

Or il y en a des réponses mais elles ne peuvent être portées que par ceux qui veulent avant tout défendre l’intérêt général et non leur intérêt personnel immédiat. Je reste confiant car une fois que la majorité de nos concitoyens auront pris conscience que le bord du gouffre se approche, la solidarité devra s’activer en toute liberté, égalité et fraternité.

 

Mais il est insensé d’imaginer la maturité des êtres avant qu’ils n’aient pleinement vécu la multitude des circonstances qui doivent présider à sa floraison. Les trois qualités indispensables à l’humain sont la patience, la persévérance et l’absence de prétention. Quiconque se met en marche vers lui-même, vers sa propre paix, doit prendre conscience que le monde de l’Esprit se rit du temps et que l’accouchement de soi requiert une exigence et un respect des lois naturelles qui ne se satisfont pas de l’à-peu-près.

Sachons reconnaître nos zones de manque de maturité, individuelles et collectives. Celles-ci se manifestent généralement par des prétentions, enveloppées dans la lâcheté ou l’ignorance sinon la manipulation, car dans le vrai Soleil il n’y a pas de possible imitateur.

 

C’est en cultivant nos propres forces que nous pourrons élever notre conscience individuelle, donc par voie de conséquence notre conscience collective, afin de passer à côté du gouffre qui menace, généré jusqu’à présent par notre ignorance, pour ensemble construire une société de sobriété harmonieuse et durable à transmettre à nos descendants. Pour se faire il faut de l’audace politique et, à ce jour, si elle n’est pas encore perceptible, pour ma part j’ai confiance car je crois en mon pays : la France.

 

Je vous remercie pour votre attention.

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